Charte de posture
accompagnant

viOsOra Adolescence · Document de référence interne · v1.0

Pas de diagnostic Pas d'étiquette définitive Le jeune reste acteur Sécurité avant tout Le jeune dans son contexte
Section 1

Ce que l'accompagnant fait

1
Il pose le cadre avant d'ouvrir la restitution.
Il explique en une ou deux phrases ce que le document est — et ce qu'il n'est pas. "Ce que tu vas lire, c'est une photo de comment tu fonctionnes en ce moment. Pas un jugement, pas une vérité définitive. Un point de départ."
2
Il laisse le jeune lire à son rythme.
Il ne commente pas pendant la lecture. Il observe. Il attend. Il laisse venir.
3
Il accueille la première réaction sans la corriger.
Qu'elle soit "c'est trop moi" ou "ça ne me ressemble pas du tout", il reçoit sans valider trop vite ni contredire. Les deux sont utiles pour ouvrir l'échange.
4
Il aide à nuancer sans forcer.
Quand un jeune se fige sur un élément, il ouvre une porte à côté : "C'est ça tout le temps, ou plutôt dans certains contextes ?" Il n'impose pas la nuance — il la rend possible.
5
Il aide à mettre des mots sans parler à la place.
Il reformule, il ralentit, il renvoie ce qu'il entend. Il n'interprète pas à voix haute ce que le jeune n'a pas encore dit.
6
Il tient le cap quand ça devient difficile.
Si un élément de la carte FER ou du besoin touche quelque chose de sensible, il ne fuit pas et ne plonge pas. Il reste là, calme, disponible, sans précipiter.
7
Il termine en ouvrant, pas en concluant.
La fin de l'entretien n'est pas un bilan. C'est une ouverture : "Qu'est-ce que tu emportes de ce qu'on vient de regarder ?"
Section 2

Ce que l'accompagnant ne fait pas

1
Il ne lit pas le profil à la place du jeune.
Ce n'est pas à lui de dire "toi tu es ACTU donc tu fais ça". Le profil appartient au jeune. L'accompagnant ne le porte pas.
2
Il n'utilise pas la restitution pour décider à la place du jeune.
Le portrait n'est pas un outil d'orientation scolaire, de choix de filière ou de positionnement dans un groupe. Il n'est pas prescriptif.
3
Il ne survalide pas.
"Oui exactement, c'est tellement toi !" dit trop vite ferme la réflexion. La reconnaissance doit venir du jeune, pas être injectée par l'adulte.
4
Il ne projette pas sa propre lecture.
Ce qu'il pense voir dans le profil n'est pas ce que le jeune ressent. Ses hypothèses restent internes jusqu'à ce qu'elles soient invitées.
5
Il ne transforme pas une difficulté FER en problème à résoudre.
Une tension identifiée dans le module FER est une information, pas un symptôme. Il ne part pas en conseil immédiat ni en programme de travail sur soi.
6
Il n'utilise pas la restitution comme levier moral ou éducatif.
"Tu vois, c'est pour ça que tu réagis comme ça en classe" — ce type de récupération réduit le dispositif à un outil de contrôle. C'est incompatible avec la posture viOsOra.
7
Il ne réduit pas le jeune à son résultat.
Le profil n'est pas une identité. Une fois l'entretien terminé, le jeune n'est pas "le CONS de la famille" ou "notre ado ACCO".
Section 3

Ce que l'accompagnant dit — et ce qu'il ne dit pas

✓ Ajusté "Est-ce que tu te reconnais là-dedans, en partie ou pas vraiment ?" Ouvre sans forcer. Laisse toute la place à un "non".
✗ À éviter "C'est exactement toi, non ?" Ferme la réflexion. Le jeune valide l'adulte plutôt que d'explorer.
✓ Ajusté "Il y a un truc qui t'a surpris, ou quelque chose qui t'a semblé juste ?" Deux portes d'entrée : se reconnaître, ou être surpris. Les deux ouvrent.
✗ À éviter "Alors, qu'est-ce que t'en penses ?" Trop large, trop vite. Peut paralyser un jeune qui ne sait pas quoi répondre.
✓ Ajusté "Dans quel contexte tu ressens ça — plutôt à l'école, entre amis, à la maison ?" Ancre dans du concret. Évite l'abstraction.
✗ À éviter "C'est sûrement parce que ta famille est comme ça." Retire au jeune toute part dans ce qu'il vit.
✓ Ajusté "Cette partie-là, elle parle de quelque chose pour toi en ce moment ?" Ouvre sans présupposer. "En ce moment" rappelle que c'est contextuel.
✗ À éviter "C'est important que tu travailles là-dessus." Injonction. Transforme une exploration en programme de correction.
✓ Ajusté "Tu n'es pas obligé·e d'être d'accord avec tout. Certains trucs vont sonner faux — c'est utile aussi de le repérer." Lui dit qu'il a le droit de ne pas être d'accord.
✗ À éviter "Le questionnaire ne ment pas." Dit au jeune que ce qu'il ressent a tort.
✓ Ajusté "On peut s'arrêter là si tu veux." Rappelle à tout moment que le jeune a le contrôle du rythme.
✗ À éviter "On va aller jusqu'au bout, ça va t'aider." Retire au jeune le contrôle du rythme. Peut forcer quelque chose qu'il n'est pas prêt à ouvrir.
Section 4

La règle du seuil

Signaux à reconnaître

Le jeune se ferme brusquement, ou au contraire s'emballe dans une direction inattendue. Il évoque une situation précise qui déborde le cadre de l'exploration. Il pleure sans pouvoir dire pourquoi. Il nomme quelque chose — une relation, un vécu, une peur — qui dépasse clairement le registre du fonctionnement habituel.

Un seul de ces signaux suffit pour ralentir.

Ce que l'accompagnant fait alors

Il ralentit. Il ne creuse pas davantage. Il dit simplement : "Je t'entends. On peut s'arrêter là."

Il ne cherche pas à comprendre davantage ni à résoudre. Ce n'est pas son rôle à ce moment-là. Son rôle est de tenir la salle, pas d'explorer.

Il sécurise la sortie de l'entretien. Le jeune doit partir dans un état stable. Si ce n'est pas le cas, l'accompagnant prend le temps nécessaire avant de terminer — même si ça déborde le temps prévu.

Si ce qui est apparu dépasse ses compétences ou son cadre, il nomme clairement qu'il existe d'autres personnes pour accompagner ça, et il oriente — sans dramatiser, sans banaliser.

Confidentialité

Ce qui a émergé dans la salle reste dans la salle. L'accompagnant ne restitue pas le contenu sensible à un tiers — parent, institution, équipe — sans accord explicite du jeune.

Section 5

Posture 12–14 ans / 15–17 ans

Junior 12–14 ans
Langage ancré dans le concret et le quotidien — reformuler les formulations abstraites en situations vécues
Durée : 30 à 40 minutes maximum — l'attention se sature vite
Avancer par petites étapes, vérifier la compréhension sans tester
Exemple concret à chaque concept — ne pas laisser une formulation abstraite sans ancre
Si un représentant légal est présent dans le cadre, il n'est pas dans la salle pendant la restitution — sauf exception consentie par le jeune
Le portrait ne lui est pas transmis sans accord du jeune
Senior 15–17 ans
Peut s'observer lui-même avec un peu de recul — on peut aller plus loin dans les nuances
Durée : jusqu'à 50–60 minutes si le jeune est engagé
Questions plus fines possibles : "Est-ce que ça dépend des personnes avec qui tu es ?"
La parole peut être plus fluide — mais aussi plus défensive. Certains ados ont appris à gérer l'image qu'ils donnent
L'accompagnant ne force pas la sincérité : il crée les conditions, pas le résultat
Présence parentale généralement non sollicitée sauf demande explicite du jeune
Section 6

La place de la famille dans la restitution

La famille peut apparaître dans une restitution sans qu'on l'ait invitée — dans un exemple, dans une résistance, dans une comparaison. L'accompagnant l'accueille comme un contexte, pas comme une explication.

Il ne part pas sur la famille sans que le jeune ait ouvert la porte. Si le jeune n'en parle pas, l'accompagnant n'en parle pas non plus.

Quand un portrait familial est disponible, il n'est jamais présenté comme une grille de lecture du jeune. Il ne dit pas "tu es le RELA de ta famille" ou "c'est pour ça que tu t'entends mal avec ton père". Il peut, si le jeune le souhaite, explorer ce que ça lui évoque — sans aller plus loin que ce que le jeune amène.

Le jeune n'est jamais réductible à sa place dans la famille. Le portrait familial est un contexte possible, jamais une explication totale.

Ce qui se passe dans la famille reste dans la salle. L'accompagnant ne restitue pas les dynamiques familiales identifiées à d'autres membres sans accord explicite du jeune concerné.

Ce que contient le portrait familial
Parent × Enfant — comment ça se passe

Pour chaque paire parent–enfant, l'outil identifie le niveau d'ajustement naturel entre leurs styles (fort / moyen / tendu), les points de friction potentiels, et une piste concrète. Quand les données FER sont disponibles, une lecture émotionnelle complète l'analyse. Ce n'est pas un jugement sur le parent — c'est un écart de style à nommer et à travailler.

Entre eux — comment ça se passe (fratrie)

Quand au moins deux enfants participent, l'outil analyse les dynamiques entre eux : alliance naturelle, risque de rivalité ou de comparaison, et un pont éventuel via les besoins secondaires. L'accompagnant n'utilise jamais cette lecture pour expliquer les conflits passés — il l'ouvre seulement si les enfants y font référence eux-mêmes.